À bientôt 59 ans, Philippe n’a pas attendu la retraite pour vivre pleinement sa passion automobile. Logisticien de profession, il s’est lancé dans le backdating d’une 911 Carrera 3.2 L, à son image, voici son histoire.
La passion Porsche retrouvée
Comme bon nombre de passionnés, Philippe puise les origines de sa passion en enfance. Son intérêt pour l’automobile débute dans son village natal, dans la Sarthe, lorsqu’il croise régulièrement un propriétaire de Porsche : « Je voyais cette Porsche 911 assez souvent. Cette voiture m’a toujours plu esthétiquement parlant, ses lignes m’ont toujours attiré. Et puis j’ai perdu de vue les Porsche pendant plusieurs années pour me consacrer pleinement à mon travail ».
Ce n’est qu’aux alentours de la cinquantaine que Philippe décide de renouer sérieusement avec l’automobile. Il pousse un jour la porte d’un garage qui propose plusieurs 911, et c’est là que tout se concrétise : « Je me suis tourné vers la 3.2 L pour sa réputation, son aura et sa fiabilité. Et si Porsche avait su créer une 3.2 L à l’esthétisme tel que je le souhaitais, elle aurait pu donner quelque chose comme un look classique mais un petit peu plus cossu, plus assis avec des ailes arrière légèrement tirées. » C’est justement cette vision qui va conduire Philippe à sa nouvelle activité professionnelle de préparateur automobile.

Une préparation née d’une vision claire
En 2018, Philippe acquiert une 911 3.2 L de 1985 et se lance dans le projet de moderniser la voiture : « Je voulais conserver l’équilibre de la 911 classique tout en lui apportant un aspect esthétique plus moderne. L’idée n’était pas de dénaturer la 3.2 L, bien au contraire, le moteur, le châssis ainsi que la boîte de vitesses sont d’origine ! » affirme-t-il. Notez que la base de la 3.2 L avait déjà été modifiée en tant que réplique de 2.7 L RS, une base confortable pour le projet.
« Quand on cherche à faire une réplique, on cherche à copier quelque chose. Alors que moi, je cherchais à faire mon propre modèle, avec mes propres codes esthétiques. Ça interroge davantage, et ça amène une critique constructive. »
Inspiré par les préparateurs du monde entier, le Sarthois imagine alors une 911 classique dans l’âme, élégante dans les détails, et habillée d’une teinte Tangerine directement inspirée des RS 2.7 L et RSR de 1973. « Je voulais créer mon propre modèle, en toute modestie. Avoir quelque chose qui me ressemble un peu, dans l’esprit café racer ». Plus largement, Philippe assume pleinement n’être ni carrossier ni mécanicien. Il se définit davantage comme l’architecte esthétique du projet : « Je fais quasiment tout faire par des prestataires. Chaque élément a été travaillé par un carrossier, un peintre, un sellier. Si on veut avoir un bel objet à l’arrivée, il faut laisser faire les professionnels qui savent faire ».

Le diable est dans les détails
Lors de la réalisation de son projet, les ailes arrière ont été élargies d’un centimètre, les pièces plastiques ont été méthodiquement remplacées par des éléments chromés, et même les gicleurs de lave-glace d’origine ont été chromés : « J’ai trouvé un artisan capable de chromer des pièces en plastique dans le fin fond de la Bretagne. C’est un détail, mais quand on fait un projet comme ça, chaque détail a son importance. Dans mon métier, je dis souvent que le diable est dans les détails. », confie-t-il.
Si l’esthétique est un point essentiel des 911, la conduite l’est tout autant et derrière le volant, Philippe apprécie les sensations brutes de sa Porsche : « Elle est très agréable pour rouler au quotidien et faire de longs trajets. Elle a un couple exceptionnel et la boîte de vitesses 915 est très sympa. En revanche, il faut bien décomposer ses gestes pour passer les rapports et parfois il faut faire un double débrayage. Ça reste une voiture ancienne mais qui a assez de puissance pour être agréable à la conduite ». Enthousiaste, il ajoute : « C’est un vrai bonheur de rouler avec. »

Quatre Porsche, une même passion
En parallèle de sa 3.2 L, Philippe possède un Boxster S 986, un Cayman R ainsi qu’une seconde 911 3.2 L qu’il compte préparer pour la piste. À travers tous ces modèles, le père de famille constate que ses voitures lui ont apporté bien plus qu’un simple moyen de transport : « Grâce à mes voitures j’ai pu lier ma passion, à ma vie professionnelle. Dans le même temps, les Porsche m’ont permis de faire pas mal de rencontres. J’ai plusieurs amis que j’ai rencontrés justement autour de ma Porsche orange ».
Philippe tient ensuite à nous faire part d’une anecdote toute particulière à ses yeux : « L’année dernière, j’ai participé à un concours d’élégance à Angers et ma 3.2 L a remporté le premier prix sur 150 voitures présentes. Mais là où c‘est important, c’est que c’est le public qui était le jury et je préfère avoir l’appréciation des passionnés de la marque que d’un jury de professionnels. Lorsque je me rends à ce type d’événements, c’est toujours agréable d’échanger avec les passionnés ».

Une Porsche pour chaque usage
Aujourd’hui, Philippe fait un usage bien précis de ces Porsche : « Le Boxster S est dédié à la balade cheveux au vent avec la possibilité de pouvoir le prêter à mes fils. Le Cayman R est davantage dédié à un usage piste car il a un super comportement une aura particulière. La 3.2 L orange est quant à elle faite pour partager la passion avec les gens qui viennent me voir lors de rassemblements. L’idée ici, n’est pas d’être prétentieux, mais vraiment de partager des moments autour d’une passion commune », détaille le passionné.
Le Porschiste compte désormais continuer de développer son activité et prévoit d’ailleurs un nouveau projet de backdating avec une 3.2 L spécialement préparée pour la piste.
Philippe conclut : « C’est une grande fierté d’avoir une Porsche que je juge exceptionnelle. L’important ce n’est finalement pas le jugement des autres, mais celui que vous portez à votre voiture ».
Je remercie grandement Philippe pour son histoire. Rendez-vous prochainement pour un nouvel épisode de “Votre Porsche, votre histoire” avec un nouveau propriétaire et une nouvelle Porsche. N’hésitez pas à nous partager votre histoire par mail via cette adresse : mteff@flat6editions.fr.




