Porsche vient de dévoiler l’un de ses projets Sonderwunsch les plus spectaculaires : une 911 GT2 RS métamorphosée en hommage à la légendaire 935/78 « Moby Dick ». Un seul exemplaire, trois ans de développement, et une silhouette qui ne ressemble à aucune autre GT2 RS. Plongée dans la Flachbau RS.
Il n’existe qu’un seul exemplaire de la Flachbau RS, et c’est précisément ce qui rend l’histoire fascinante. Née d’une commande unique traitée par le département Sonderwunsch, en association avec l’écurie Manthey Racing, cette création part d’une 911 GT2 RS de 2018 équipée du pack Weissach. Le cahier des charges du client tenait en une phrase : une carrosserie Flachbau et un aileron inspiré de la GT3 R rennsport. Sa réalisation, elle, a nécessité trois années de travail acharné.
Une filiation revendiquée avec la 935 Moby Dick
Impossible de comprendre cette voiture sans remonter à la 930 Turbo « Flachbau », alias Flatnose, apparue dans les années 1980 avec ses ailes redessinées et ses phares escamotables. Produite à seulement 984 unités entre 1982 et 1989, elle reste l’une des déclinaisons les plus rares de toute l’histoire de la 911. Son inspiration ? La 935, reine incontestée de l’endurance à cette époque, quadruple championne du monde des marques et victorieuse au général des 24 Heures du Mans en 1979, avec pour signatures visuelles ses ailes avant plates et son gigantesque aileron arrière.
Parmi les déclinaisons de la 935, c’est la version 935/78 et sa carrosserie allongée qui a gagné le surnom de Moby Dick. La Flachbau RS lui emprunte directement sa robe Blanc Grand Prix, et glisse sur le capot un motif carbone en forme de U, manière détournée d’évoquer la livrée Martini Racing de 1978 sans en reprendre les couleurs déposées. Signature du projet : Grant Larson, le designer à qui l’on doit déjà la 935 moderne de 1978, aujourd’hui de retour pour cette création exceptionnelle.

Une carrosserie repensée dans les moindres détails
Les ailes avant abaissées accueillent désormais des ouïes destinées à évacuer la pression d’air accumulée dans les passages de roues. Restait un obstacle réglementaire : la hauteur minimale imposée pour les feux interdisait de les loger dans le pare-chocs, comme sur la 935 d’origine. La solution ? Des barrettes lumineuses discrètement intégrées dans les nervures des ailes avant. Le bouclier, entièrement redessiné, reçoit quant à lui des flaps noirs signés Manthey qui renforcent l’appui aérodynamique à l’avant. Capot et toit affichent des bandes carbone mat cernées de Blanc Grand Prix, tandis que flasques de roues arrière, étriers de frein et jantes magnésium adoptent une même finition sombre et lumineuse à la fois.

Un aileron breveté, littéralement
L’élément le plus spectaculaire reste sans doute cet aileron arrière à supports en S, calqué sur celui de la GT3 R rennsport mais culminant cinq centimètres plus haut. Réglable à la main sur trois positions, il pousse l’appui aérodynamique jusqu’à 554 kg à 340 km/h en configuration High Downforce, soit entre 2 et 3 % de plus qu’une GT2 RS dotée du kit Manthey. Le mécanisme de réglage a fait l’objet d’un brevet, tout comme les noms « Flachbau » et « Flachbau RS ». Malgré cette débauche technique, la voiture perd 31,6 kg par rapport à une GT2 RS Weissach de série, grâce à un allègement mené sur l’ensemble du véhicule.

À l’intérieur, l’esprit course prend le dessus
L’avant de l’habitacle garde ses repères : Alcantara rouge, cuir noir, carbone visible, baquets habillés de cuir et d’alcantara. Mais l’écran PCM a cédé sa place à un simple rangement gainé de cuir, et le système audio comme une bonne partie de l’insonorisation ont purement disparu. Les têtières portent la broderie Flachbau RS et le tracé stylisé du Nürburgring ; côté passager, une plaque Sonderwunsch dorée et la mention gravée Werksunikat 2026 Flachbau RS scellent le caractère unique de l’auto. À l’arrière des sièges, en revanche, plus rien n’habille la coque : elle apparaît nue, en Blanc Grand Prix, faisceaux électriques visibles compris, un traitement radical, digne d’une auto de compétition.


Découvrez un dossier complet consacré à l’auto et à son développement dans le prochain numéro de Flat 6 Magazine.




