Porsche vient de quitter le pool d’émissions du groupe Volkswagen pour s’associer au constructeur chinois Xpeng et bénéficier de ses crédits verts. Un choix surprenant, mais pragmatique face aux objectifs de CO2 imposés par Bruxelles.
Un accord réglementaire avant tout
C’est un dépôt officiel auprès de l’Union européenne, qui a mis le sujet sur la table : Porsche ne fait plus partie du « pool CO2 » du groupe Volkswagen. La marque allemande formera à la place un « pool » commun avec Xpeng, valable pour 2026 et 2027. Il était d’alleurs ouvert à d’autres constructeurs jusqu’à début septembre 2026.
Contrairement à ce que certains pourraient penser, il ne s’agit pas d’une rupture entre Porsche et sa maison mère, loin de là. Le changement est uniquement d’ordre réglementaire, afin de préserver sa gamme actuelle.

Le pool CO2, comment ça marche ?
Si le mot « pool » vous semble abstrait, comprenez par-là que l’Union européenne fixe à chaque constructeur une moyenne d’émissions de CO2 à ne pas dépasser sur l’ensemble des voitures neuves qu’il immatricule dans l’année. Pour s’y conformer, les marques ont le droit de se regrouper en « pool ». Leurs immatriculations sont alors additionnées et la moyenne est calculée pour le groupe entier, et non plus marque par marque. Les modèles 100 % électriques, comptés à 0 g/km, viennent ainsi compenser les modèles thermiques plus émetteurs. Si la moyenne du pool reste au-dessus de la limite, ses membres s’exposent à des amendes qui se chiffrent en milliards d’euros… Pour une marque qui vend surtout du thermique, s’associer à un constructeur exclusivement électrique est donc un moyen de réduire sa moyenne sans changer sa gamme, en échange d’une contrepartie financière.

Pourquoi Porsche a choisi Xpeng
Le contexte pèse lourd sur la stratégie de Porsche. Et pour cause, ses ventes de modèles électriques ne suivent pas le rythme espéré et la marque redonne davantage de place aux motorisations thermiques. Par conséquent, plus la part du thermique augmente, plus la moyenne de sa flotte se dégrade. Selon le directeur financier du groupe, Volkswagen estimait ainsi le risque d’amendes jusqu’à 1,5 milliard d’euros cumulés entre 2025 et 2027. C’est donc dans une logique de conservation de sa gamme thermique et hybride que Porsche s’est tournée vers la marque chinoise.
Plus largement, cet accord apporte à Porsche de la souplesse pour poursuivre sa transition électrique, sans pénaliser son bilan CO2. Le constructeur a d’ailleurs confirmé le principe, en expliquant que cette flexibilité ne change pas sa stratégie à long terme.
Ce départ du pool de la maison permet finalement aux autres marques du pool de la maison mère (Volkswagen, Audi, Skoda et Cupra) d’alléger à leur tour leur propre moyenne d’émissions. À noter que Volkswagen détient environ 5 % du capital de Xpeng. Une partie de ce que Porsche versera à Xpeng profitera donc, indirectement, à Volkswagen, actionnaire de Xpeng. Les deux groupes collaborent déjà sur des plateformes et un réseau de recharge : l’accord CO2 ajoute simplement un volet réglementaire à cette relation.




